Congrès annuel de la SPQ 2019 – Table ronde du LEIPS

Pluralisme et recherche de vérité en science, un dialogue entre différentes perspectives

Date : Jeudi 30 mai 2019
Présidence/Animation : Anda Danciu (UdeM – Université de Montréal)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : E0225

08 h 30
Mot de bienvenue
08 h 35
Du contextualisme williamsien comme épistémologie sociale de type kuhnienne ou ce relativisme qui n’en est pas un
Kevin Kaiser (UdeM – Université de Montréal)
Résumé

La proposition de contextualisme épistémologique développé par Williams (2001; 2007) s’est vu critiquer par Pritchard (2010) quant à sa réelle nature de même que ses conséquences épistémiques. Ce dernier soutient que le contextualisme de Williams, en autorisant l’incommensurabilité entre deux communautés épistémiques, n’est dans les faits qu’une forme de relativisme épistémique. Ce faisant, toute prétention à offrir une innovation quelconque sur la question de la justification serait erronée. Au cours de cette conférence, une proposition visant à faire tomber cette accusation sera développée. Il sera soutenu qu’en s’inspirant de l’épistémologie sociale et évolutionnaire de Kuhn (Wray (2011)), il est possible d’augmenter la proposition de Williams pour faire tomber l’accusation de relativisme épistémique. Pour ce faire, la thèse de Williams sera, tout d’abord, exposée. Ce faisant il sera possible de comprendre la critique formulée par Pritchard. Ces bases ayant été posées, l’épistémologie sociale et évolutionnaire de Kuhn pourra alors être introduite. Les similarités structurelles entre ces deux propositions pourront ainsi être exposées. C’est ce quasi-isomorphisme entre la thèse de Williams et la thèse de Kuhn, qui permettra, finalement, la mobilisation d’intrants de l’épistémologie des sciences pour mettre à mal l’argument de Pritchard (2011).

09 h 15
Défense du réalisme scientifique sélectif dans le cas de la théorie calorique de la chaleur
Clara Lungescu (UdeM – Université de Montréal)
Résumé

Le réalisme scientifique sélectif a été développé en réponse à l’argument de la méta-induction pessimiste, qui présente une raison de douter de la vérité approximative des théories scientifiques en soutenant que même leur succès n’est pas garant de leur vérité, car des théories à succès ont été falsifiées.

La stratégie du réalisme sélectif est de choisir une partie des théories scientifiques, selon un critère donné, et d’affirmer que c’est seulement au sujet de cette partie qu’il est justifié d’être réaliste.

Psillos propose comme critère le novel predictive character, soit l’utilité à faire des prédictions nouvelles, dans son livre Scientific Realism: How Science Tracks Truth (2005).

Un débat existe sur la pertinence de ce critère. Ainsi, dans son article Preservative realism and its discontents: Revisiting Caloric (2003), Chang soutient que dans le cas de la théorie calorique de la chaleur, ce critère sélectionne des hypothèses théoriques au sujet desquelles on ne peut être réaliste, car elles ont été falsifiées. Je vais argumenter qu’une bonne compréhension du critère permet de voir qu’il ne sélectionne pas ces hypothèses problématiques, puisque, malgré qu’elles aient permis de faire de bonnes prédictions (la vitesse du son), elles étaient ad hoc par rapport à ces prédictions, lesquelles ont été utilisées pour construire les hypothèses falsifiées.

09 h 55
Pause
10 h 00
L’explication du changement de la forme en biologie évolutive développementale (Evo-Dévo)
Anda Danciu (UdeM – Université de Montréal)
Résumé

Des découvertes en biologie moléculaire portant sur les gènes responsables du développement ont contribué à l’essor de la biologie évolutive développementale depuis les années 1990. Ces découvertes nous permettent de comprendre comment le développement a été modifié au cours de l’évolution. En effet, en Évo-Dévo, le changement de la forme animale au cours de l’évolution se fait par un changement dans le développement des organismes, dans leur ontogenèse. Or, afin d’expliquer ce phénomène des biologistes adoptent des perspectives différentes comme la perspective mécaniste (Craver 2013 ; Sean B. Carroll 2005) et la perspective téléologique (Walsh 2008 ; West Eberhard 2003). De plus, la deuxième impliquerait une notion de finalité relié à une téléologie naturaliste qu’on peut retracer jusqu’à Kant et Aristote (Walsh 2008 ; Green Depew 2004). Lors de cette présentation j’envisage présenter les deux perspectives sur l’évolution de la forme : la perspective mécaniste ainsi que la perspective téléologique pour ensuite m’arrêter sur la notion de finalité intrinsèque et l’inscrire dans la continuité historique des débats sur la téléologie en biologie.

10 h 40
Défense d’une nouvelle conception de la maladie mentale
Simon GOYER (UQAM – Université du Québec à Montréal)
Résumé

Aujourd’hui, la conception du trouble mental qui deviendra probablement la plus influente en Amérique du Nord et dans le monde est celle de la National Institute of Mental Health (NIMH), laquelle est, aux États-Unis, l’agence fédérale principale responsable de la recherche sur les désordres mentaux. On peut penser que la conception promue par cette organisation sera très influente parce que cette dernière possède des moyens financiers considérables et oriente la recherche en psychiatrie. La conception promue par cette organisation se résume ultimement à l’idée simple selon laquelle les troubles mentaux sont des troubles du cerveau (Insel, 2013). Dans cette présentation, d’abord, je présente très brièvement les Research Domain Criteria (RDoC), un programme de recherche développé par la NIMH qui suppose cette conception du trouble mental. Ensuite, je présente mon interprétation philosophique de cette dernière. Puis, j’explique pourquoi cette conception influe négativement sur la recherche psychiatrique et favorise le développement d’une mauvaise psychiatrie. Enfin, j’esquisse brièvement une nouvelle conception du trouble mental s’inscrivant dans le cadre théorique développé par le psychiatre et philosophe Thomas Fuchs dans son livre Ecology of the brain (2018). À mon avis, ma conception est favorable au développement d’une bonne psychiatrie.

 

Programme du Congrès de la SPQ 2019

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